Nos Mémoires Vives, balade historique sur les traces de la deuxième guerre mondiale.
La Seconde Guerre mondiale et ses atrocités ont fortement marqué le village de Hotton.
Pour que ces souvenirs ne disparaissent pas avec leurs derniers témoins, une balade historique de +/- 5km existe à la découverte de différents monuments ou cimetières: le pont et la stèle, la tourelle, le cimetière communal, le cimetière militaire britannique du Commonwealth, la rue d'Izegem, l'église et le monument aux morts. La brochure est disponible au Syndicat d'Initiative.
Souvenir de Melvin Biddle, de son acte courageux dans la nuit du 23 et 24 décembre entre Soy et Hotton.
L'histoire vivante de Melvin Biddle, récipiendaire de la Médaille d'honneur
Mel BIDDLE sert en Europe en tant que soldat de première classe dans la compagnie B du 1er bataillon du 517e régiment d'infanterie parachutiste. Ce jour-là, le 23 décembre 1944, et le lendemain lors de la bataille des Ardennes, près de Soy, en Belgique, il part seul en reconnaissance dans les lignes allemandes, pris sous les tirs ennemis, il tue trois tireurs d'élite et fait taire à lui seul quatre nids de mitrailleuses allemands.
Une semaine plus tard, il a été blessé au cou par un éclat d'obus qui a manqué de peu son artère jugulaire. Après s'être rétabli en Angleterre pendant plusieurs semaines, il est de retour dans son unité et apprend en chemin sur un article du Stars and Stripes qu'il allait recevoir la Médaille d'honneur pour son action.
BIDDLE a reçu la Médaille d'honneur du Congrès à la Maison Blanche le 30 octobre 1945 par le président Harry TRUMAN. Lors de la remise de la médaille, TRUMAN lui a chuchoté "Les gens ne me croient pas quand je leur dis que je préfèrerai en avoir une plutôt que d'être président."
Mel BIDDLE est ensuite promu caporal. En plus de la médaille d'honneur, il a également reçu la Bronze Star et Purple Heart.
L'histoire de Melvin Biddle
Je me suis entraîné avec la compagnie E du 511e régiment d'infanterie parachutiste.
Puis j'ai été transféré outre-mer au 517e.
Le premier jour, un sergent a reçu une balle en plein milieu du crâne, c'était un type super sympa.
Je venais d'arriver dans l'unité en tant que remplaçant, et alors que nous nous apprêtions à partir au combat, il avait reçu un colis de chez lui. La plupart des remplaçants évitent en quelque sorte de se lier d'amitié avec eux.
Ils savent qu'ils vont être tués ou blessés, et ils ne veulent tout simplement pas se lier d'amitié avec eux. Mais ils étaient vraiment gentils avec moi. J'étais étonné qu'il veuille me donner une partie des cadeaux qu'il avait reçus de chez lui.
Et ce fut un choc horrible quand il a été tué comme ça.
Narrateur : Le 23 décembre 1944, une semaine après le début de la bataille des Ardennes,le soldat de première classe Melvin Biddle se frayait un chemin à travers la Belgique, en passant par la petite ville de Soy. Biddle et son régiment tentaient de rejoindre une autre unité qui avait été encerclée par l'infanterie allemande. Mais cette approche allait conduire sa petite patrouille à affronter les forces terrestres allemandes qui avançaient. Lorsque nous sommes arrivés à la bataille des Ardennes près de Soy, ils ont dit : « Biddle, en avant. »
Je ne savais pas que je serais l'éclaireur de tête. Mais c'est ce qu'ils m'ont demandé de faire, être l'éclaireur de tête.
Je me suis entraîné avec la compagnie E du 511e régiment d'infanterie parachutiste.
Il y avait des broussailles, il faisait froid et il neigeait. Je me suis approché de ce petit avant-poste allemand avec trois gars, et j'ai avancé. Il n'était pas plus loin que la distance qui nous sépare. J'ai tiré sur le premier, puis le deuxième a essayé de me tirer dessus. J'ai dû le tuer. Le troisième s'est enfui, je lui ai tiré dans l'épaule, mais il a continué à courir. Et puis tout a dégénéré, leurs mitrailleuses et leurs mortiers ont commencé à tirer sur nous. Ils ont continué pendant environ une heure, je suppose. Et puis, tout à coup, ils se sont arrêtés. Le capitaine m'a dit qu'il voulait que j'emmène deux gars avec moi pour faire un prisonnier. Et j'ai dit : « Monsieur, j'ai vu des véhicules là-bas avec des étoiles blanches dessus ». Il m'a répondu : « Eh bien, allez voir si ce sont des Américains. » Je suis sorti et j'ai vu trois soldats qui marchaient sur la route. L'un d'eux m'a répondu « ja ». J'ai compris qu'ils n'étaient pas américains. On se serait cru à Berlin. Ils avançaient sur la route avec des semi-chenillés, des chars, tout le matériel nécessaire. Ils étaient vraiment bien équipés.
Il m'a alors dit : « Bon, continue un peu plus loin sur la route et essaie d'en capturer un. » Nous étions allongés au bord de la route quand un officier allemand est arrivé, tout endimanché comme s'il défilait. Mon ami a dit « Halte » deux fois, si doucement que je l'ai à peine entendu et je sais que l'Allemand ne l'a pas entendu. Il a tiré sur lui et l'a manqué. J'étais complètement abasourdi. L'officier allemand a sorti son pistolet et a tiré sur nous, mais il nous a manqués. Il a tiré deux fois, puis il a dit : « Hé, Johnny ! » Et nous nous sommes enfuis. Mais je me suis trompé de direction, je ne suis pas retourné vers nos lignes. Je suis retourné vers les lignes allemandes. Une fois là-bas, j'ai décidé de m'allonger et d'essayer de ne pas me faire capturer. Les Allemands sont passés juste à côté de moi, à quelques centimètres de ma main. Ils portaient des bottes à clous... on pouvait les entendre, et on pouvait les entendre parler. Ils ont fini par reculer un peu et nos mitrailleuses ont commencé à tirer, puis les leurs ont riposté. On pouvait deviner où se trouvait mon unité, et finalement, vers trois ou quatre heures du matin, j'ai commencé à retourner vers nos lignes. Le lendemain matin, le commandant de la compagnie m'a dit : « Biddel, à l'avant. » Encore ! Je pensais qu'après tout ce qui s'était passé la veille, ils ne m'enverraient pas à nouveau au front. Mais ils l'ont fait et il m'a dit : « Tu as eu tellement de chance hier, nous allons encore t'utiliser aujourd'hui ». Je me suis donc avancé, et voilà qu'un groupe d'Allemands est arrivé devant moi, marchant au pas. J'ai commencé à tirer sur eux, j'ai dû vider deux chargeurs de mon fusil, et je les ai tous touchés.
Ils ont dit qu'ils avaient tous été touchés à la tête. C'est à peu près tout ce que je pouvais voir, leurs têtes à travers les broussailles. Les autres gars sont allés les voir et j'ai toujours été reconnaissant de ne pas y être allé, car cela aurait été un souvenir horrible pour le reste de ma vie.
J'ai été blessé le 3 janvier dans un endroit appelé St Jacques et après avoir été soigné en Angleterre, un gars de mon unité m'a dit : « Tu as entendu parler de ce type qui a tué tous ces Allemands là-bas ? » Et j'ai répondu : « Non... » « Ils l'ont proposé pour la Médaille d'honneur », m'a-t-il dit. Et j'ai répondu : « Ah bon ? » Harry Truman était un petit bonhomme arrogant, et je l'aimais beaucoup. Il avait fait la Première Guerre mondiale et savait de quoi il parlait. Il disait qu'il préférait avoir cette médaille plutôt que d'être président. Il a ajouté : « Les gens ne me croient pas. » Et j'avais envie de lui dire : « Je veux bien échanger ma place avec toi. » Mais j'étais encore en service et je ne voulais pas passer en cour martiale, alors je me suis tu. J'ai toujours eu le sentiment que je ne pouvais pas laisser tomber mes amis. Et tout de suite, ces gars de la compagnie B du 517e sont devenus mes amis, et on ne peut pas laisser tomber ce genre de personnes.